Quand on le découvre pour la première fois, une invincible émotion vous saisit : que c'est grand et que c'est triste !
On ne peut pas voir Merlogne sans se croire transporté en un de ces lieux ensorcelés où il se passe quelque chose. La forêt s'arrête au bord de la steppe désolée, comme interdite elle aussi, devant ce lac sans eau, cette pâture sans herbe, cette terre boursouflée comme une éponge desséchée. Et les quelques sapins qui ont poussé leurs racines jusqu'au sol infertile, s'étiolent, blanchissent, se couvrent de lichens et meurent.
Il faut voir tomber la nuit, il faut voir monter un orage, il faut voir dans les vapeurs aux teintes indécises, ni bleues, ni dorées, des vapeurs couleur de soufre, planer des oiseaux de proie au grand vol pour comprendre la terreur sacrée qui éloignait, autrefois, de la montagne, les hommes.