Une série de boîtes en acier corrodé, pour accueillir l'oeuvre au noir de l'enfant du pays, le musée Soulages a ouvert ses portes, à Rodez, fin mai. Un musée né de la donation faite à sa ville natale, au cours des années 2000 à 2010, d'une centaine de toiles, dont quelques oeuvres de jeunesse encore figuratives, de peintures sur papier et d'estampes. Sans oublier les cartons des sublimes vitraux dessinés pour l'abbatiale de Conques, bijou de l'art roman, à 40 km de là. Toiles immenses, épaisses et noires, grattées, scarifiées ou impeccablement lisses, jamais pareilles suivant d'où on les regarde.



"Un jour en 1979, dans mon atelier, je pataugeais dans le noir, je ne savais comment m'en sortir. Je suis allé dormir. A mon réveil, j'ai vu. Vu du noir surgir la lumière. Vu comment le champ mental pouvait être atteint par ce phénomène. Je l'ai alors appelé "outre-noir", comme on dit outre-mer, car il s'agit d'un autre pays du noir.", Soulages