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Architecture en Inde

L’Inde garde dans ses monuments le souvenir des peuples et des religions qui, tour à tour, l’ont dominée, tout en conservant les caractères généraux qui lui sont propres : la richesse des détails, la patience du travail et l’adresse de l’exécution. Jusqu’au IIIe siècle av JC, l’Inde n’a pas connu l’usage de la pierre, et ses fragiles édifices en bois ont tous disparu.

Les monuments religieux de l’Inde sont soit des temples souterrains, soit des rochers taillés et sculptés, soit des temples en matériaux rapportés, … mais aucune construction actuelle ne paraît remonter plus haut que le VIIIe siècle de notre ère.

Depuis cette époque, les normes architecturales du temple hindou n’ont pas changé. Basées sur la numérologie, l’astrologie, l’astronomie et les lois religieuses, des règles complexes régissent l’implantation, le plan et la construction de chaque temple, représentation de l’univers. Au centre de l’édifice, un espace dépourvu d’ornementation, le garbhagriha (autel intérieur), symbolise la grotte matricielle qui engendra le monde. C’est le lieu de résidence de la divinité à qui le temple est dédié. L’autel est surmonté d’une structure appelée sikhara dans le nord, une tour curviligne coiffée par une pierre striée en forme de roue, surmontée d’une urne. Certains temples renferment une mandapa (antichambre) reliées au sanctuaire par des vestibules; les mandapa peuvent s’orner de leurs propres sikhara.

De l’extérieur, les temples jaïns évoquent les temples hindous. Leur intérieur, d’une grande beauté, est en revanche souvent paré de multiples sculptures, aux antipodes de l’austérité et de l’ascétisme. Les temples sikhs (gurdwara) se reconnaissent à leur mât (nishan sahib) au sommet duquel flotte un drapeau triangulaire arborant le symbole des sikhs. Le temple d’Or d’Amritsar est le lieu le plus saint du sikhisme.

Les musulmans apportèrent à l’Inde leurs conventions architecturales, telles le cloître à arcades et la coupole. A l’époque des sultanats, les styles les plus élaborés se trouvent au Bengale, au Gujarat, au Malwa et à Jaunpur. Le style de Delhi, le plus connu, est le plus fidèle à la tradition islamique dans ses formes, tout en utilisant des motifs décoratifs hindous. Les grandes oeuvres du sultanat de Delhi sont : le minaret Qutb Minâr (érigé à partir de 1199), le vaste et sobre tombeau quadrangulaire d’Iltutmish surmonté d’une coupole (1235) et la porte Alâ-î Darwâza (1311) décorée de grès rouge et jaune, incrustée de marbre blanc et noir et de schiste bleu.

Réalisant la synthèse entre les styles persan et indien et les différentes traditions régionales, les Moghols réalisèrent des chefs d’œuvre de raffinement : tombeau d’Humayun à Delhi (1562-1570), mosquée Jami Masjid de Delhi (1650), fort rouge de Delhi (1636-1648), fort d’Agra (1565), cité de Fatehpur Sikri (1571-1585), Taj Mahal (1631-1648), …

L’architecture musulmane

L’architecture indo-musulmane (13e-16e) : les envahisseurs, de sang turc et mongol, et de culture arabo-persanne apportent la tradition architecturale seldjoukide. A l’entablement et à l’encorbellement de l’architecture indienne, ils substituent l’arc en carène (forme que prend en Inde l’arc en ogive) et la coupole sur trompes. Autres éléments caractéristiques : les arcatures aveugles en forme de mihrab.ainsi que les façades polychrome de grès rouge rehaussées de marbre blanc ou de carreaux de faïence.

L’architecture moghole (16e-19e) : l’iwan d’origine sassanide (espace voûté largement ouvert d’un côté par un arc, et fermé de l’autre) et le pishtaq (grand portail à iwan) sont des éléments caractéristiques de l’art moghol. Autres éléments caractéristiques : l’arc polylobé et l’utilisation massive du marbre blanc.

Parmi les monuments musulmans :

  • la mosquée (masjid) reprend le plan des mosquées persanes du XIIe siècle, une vaste cour avec au centre un bassin pour les ablutions; la cour est fermée sur trois côtés d’un mur à arcades alors que le quatrième côté, à l’ouest (direction de La Mecque), est fermé par la salle de prière flanquée de minarets. Aucun mobilier dans la salle de prière, si ce n’est un minbar (chaire), à droite du mihrab. Les arcades de la cour abritent généralement une madrasa, école coranique où sont enseignées, en arabe, les sourates du Coran
  • le mausolée est la demeure du défunt; celui-ci y repose la tête tournée vers La Mecque. Les premières tombes indo-musulmanes sont des monuments de plan carré, couverts par une coupole sur trompes; le dôme hémisphérique, légèrement étiré en pointe, est posé ou non sur un tambour. En 1565, un architecte persan conçoit pour Humayun une tombe d’un type nouveau avec une salle funéraire couverte d’un dôme en bulbe et  entourée de quatre chambres secondaires; les Moghols adoptent la coutume de la double sépulture, propre aux peuples de la steppe : un cénotaphe commémoratif est placé dans la salle centrale, la vraie sépulture étant dans une chambre souterraine ou dans un endroit secret.
  • le palais regroupe derrière une ceinture de remparts, des bâtiments administratifs (les Archives, …), un hall des Audiences publiques (Diwan-i Am) destiné aux réceptions formelles, et les appartements privés de l’empereur. Ces derniers sont divisés en deux parties bien distinctes : la partie des hommes (mardana) et la partie des femmes (zenana), où seuls peuvent pénétrer les femmes, l’empereur et les eunuques. Parmi les principaux bâtiments, on trouve le hall des Audiences privées (Diwan-i Khas), où sont reçus les familiers et les ministres du Conseil, les hammams et le Shish Mahal, revêtus d’éclats de miroirs convexes qui multiplient la lumière des lampes.
  • le pavillon possède généralement un toit plat; ouvert sur trois côtés, doté d’écrans de pierre ajourés (jali) qui forment un fin treillis de motifs hexagonaux et rafraichissent les pièces par l’ombre qu’ils ménagent et les courants d’air qu’ils entretiennent. Ils permettent également aux femmes soumises au purdah de voir sans être vues.
  • le jardin (chahar bagh) est à la fois refuge contre la poussière et l’aridité du paysage, lieu de fraicheur et de délassement, et image du paradis. Il est découpé par deux canaux animés de jets d’eau  en quatre parties égales dans lesquelles s’épanouissent  des massifs en forme d’étoile ou d’actogone.

L’architecture rajpute

Tout en demeurant farouchement attachés aux traditions hindoues, les princes rajputs, dont la plupart se rallient à l’empereur, adoptent dès la fin du 16e siècle l’architecture, le décor et le faste des Moghols. Mais au contraire des Moghols établis dans la plaine, ils ont bâti leurs forteresses au sommet des nids d’aigle défendant l’accès aux vallées. Leurs fort apparaissent comme de formidables machines militaires aux murailles sévères et impressionnantes, mais derrière ces murs sans fantaisie se dissimulent de gracieux palais répartis en mardana, quartier des hommes, et zenana, quartier des femmes, autour de cours intérieures. Toutefois, en progressant vers les zones désertiques de l’ouest, l’influence moghole va s’amenuisant. Parmi les éléments les plus distinctifs du style rajput figurent le jharokha (balcon en encorbellement fermé de jali et couronné d’une demi-coupole aux angles tombant comme des pointes acérées) et le chhatri (pavillon à kiosque couronné d’un dôme hémisphérique et doté d’un auvent saillant comme une visière). Dans le durbar hall (pièce où le seigneur réunit son assemblée des nobles), les décorations à base d’éclats de miroirs s’enrichissent de mosaïques en pâte de verre colorée, de carreaux de faïence de Delft et de fresques sur lesquelles sont peintes des figures humaines ou animales, la Rajasthan hindou n’étant soumis à aucun interdit figuratif.

Dans les villes, les riches marchands et les nobles font édifier de magnifiques demeures familiales, ou haveli. Parmi les plus belles, il y a celles que les marchands jaïns de Jaisalmer ont bâties au XIXe siècle, ornées d’une profusion de jharokha à jali et superbement sculptées et celles du Shekhawati, plus sobres architecturalement mais entièrement peintes à fresque. La haveli comprend deux chowkh, cours intérieures sur lesquelles s’ouvrent toutes les pièces de la demeure, celles de l’étage étant desservies par une galerie qui fait le tour de la cour. La première cour constitue la partie publique. Le salon (bhaitak), équivalent du durbar hall dans les palais, ouvre sur cette cour par trois portes ou trois arches. On y reçoit les hôtes étrangers à la famille. La seconde cour est réservée à la famille et aux intimes.

La dépouille des Rajputs étaient incinérée selon la tradition hindoue. Sous l’influence des empereurs moghols qui se faisaient édifier des tombeaux, ils firent construire sur le lieu de leur crémation des cénotaphes (chhatri) : petits pavillons à baldaquin en forme de dôme soutenu par quatre ou huit piliers reposant sur une plate-forme. Parfois, le chhatri abrite une stèle commémorative présentant l’image en bas relief du mort, souvent sous la forme d’un cavalier, tandis qu’une autre stèle, portant une silhouette féminine ou des empreintes de pieds, rappelle le sacrifice d’une des épouses devenue sati en s’immolant sur le bûcher de son époux.

Le Rajasthan compte également un grand nombre de puits : lac naturel ou artificiel, réservoir souterrain couvert, puits de forage. L’appellation la plus courante est baori pour les puits à escalier.

 

Les mots-clés de l’architecture

Apsara : nymphe enchanteresse qui vit dans l’eau, les forêts, l’air, ..
Bagh : jardin, parc
Baori : puits à escalier
Bhawan : bâtiment, palais
Burj : tour
Chhatri : pavillon à baldaquin coiffé d’un dôme: par extension : cénotaphe
Chowk : cour d’une haveli; place, rond-point, carrefour
Dargah : maudolée d’un saint soufi
Dharamsala : auberge pour le pèlerins hindous ou jaïns
Diwan-i Am : hall des audiences publiques dans un palais moghol
Diwan-i Khas : hall des audiences privées dans un palais moghol
Durbar : ensemble des nobles vassaux d’un seigneur; par extension, le hall de réception d’un palais rajput (équivalent du Diwan-i Am)
Gandharva : séduisant musicien, compagnon des apsara
Garh ou Qila : fort, citadelle
Ghat : marches menant à un point d’eau et servant aux ablutions rituelles ainsi qu’à l’incinération des défunts
Gurudwara : temple sikh
Haveli : demeure richement décorée d’une famille aisée
Jali : cloison de pierre ajourée
Jharokha : balcon couvert soutenu par des corbeaux
Linga : symbole phallique du dieu Shiva, représentée conjointement ou non avec le yoni, son équivalent féminin
Madrasa : école coranique
Mahal : palais;par extension, pièce somptueusement aménagée
Mandapa : hall des temples hindous ou jaïns
Mandir : temple
Masjid, Juma Masjid : mosquée, mosquée du Vendredi
Mardana : quartier des hommes dans les haveli et palais
Minar : minaret, tour
Niwas : demeure
Pol : porte d’une ville ou d’une forteresse
Qibla : direction de La Mecque
Sagar : réservoir, lac artificiel
Shikara : tour dominant la cella d’un temple
Zenana : quartier des femmes dans les palais

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