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Religions de l’Inde

L’Inde est le foyer de nombreuses religions. Plusieurs des « grandes » religions sont originaires de l’Inde, dont l’hindouisme et le bouddhisme, et certaines autres sont presque exclusives à l’Inde. Voir Religions en IndeW.

Carte de religionsL’hindouismeW est de loin la première religion du pays avec 80% de la population indienne. L’islam est la seconde religion avec 14% de la population indienne; l’Inde a la troisième plus grande population musulmane mondiale après l’Indonésie et le Pakistan. Les chrétiens représentent 2,3% de la population indienne; la communauté du Kerala est l’une des plus anciennes au monde (Chrétiens de saint Thomas). Le sikhismeW est une religion propre à l’Inde et représente 2% de la population indienne; la majorité des sikhs habitent au Penjab. Le bouddhisme, qui avait disparu vers le XIIe siècle du fait de son assimilation progressive dans l’hindouisme et de la conquête musulmane de l’Inde, y renaît grâce en particulier à la conversion en masse de Dalits ou intouchables; le bouddhisme représente 1% de la population indienne. Le jaïnismeW est une religion propre à l’Inde qui représente 0,6% de la population indienne et dont la majorité des pratiquants habitent au Maharashtra.

Trois grandes religions sont nées, à l’époque ancienne, sur le sol indien : le védismeW qui s’est lentement transformé en hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme. Tous en commun à partir du VIe siècle av JC la recherche de la libération du cycle des réincarnations. Portail:HindouismeW | Portail:BouddhismeW | Portail:JainismeW

GaneshVédisme et hindouisme

Cette religion n’a ni fondateur, ni dogme, ni autorité doctrinale, morale ou intellectuelle s’imposant de façon absolue, ni d’institutions stables, ni de corpus de textes identiques pour tous. Les hindous croient au brahman, éternel, incréé et infini. Tout ce qui existe émane de lui et revient à lui. Les innombrables dieux et déesses ne sont que des manifestations du brahman. Il y aurait 330 millions de divinités dans le panthéon hindou. Chacun choisit celles qu’il vénère en fonction de ses affinités personnelles, mais aussi de sa caste et de la tradition familiale.

On peut déterminer trois grandes étapes dans la longue transformation du védisme en hindouisme :

- le védisme (-1500 / -500) : cette religion, apportée par les envahisseurs arya, est avant tout une religion du rite. La stricte conformité au rite prime sur l’adhésion à des dogmes et la notion de foi tient très peu de place dans cette religion. Il existe en revanche une grande confiance dans l’efficacité du rituel, la faute majeure étant une erreur dans son accomplissement. Les rites et sacrifices ont pour but de maintenir l’ordre du monde et d’obtenir des avantages matériels; ils sont exécutés par les brahmanes pour le compte des détenteurs du pouvoir. Ils n’exigent nul temple et s’accomplissent dans une maison ou en plein air. La religion védique se manifeste dans les VedaW, connaissance sacrée émise par l’Absolu (brahman) et donc d’origine non humaine.Parmi les 33 dieux du Rig Veda, les principaux sont Indra le roi du monde, Mitra et Varuna les gardiens de l’ordre et Surya le dieu du soleil. Le védisme était une religion collective et non personnelle, aristocratique, réservés aux initiés.

- l’hindouisme ancien ou brahmanisme (-500 / +500) : contrairement aux Veda, les textes post-védiques (smitriW) sont attribués à des auteurs humains et, alors que les textes védiques étaient essentiellement centrés sur le sacrifice, les smitri sont dominés par l’idée de dharma (ordre universel et devoir religieux personnel). Le corpus de la smitri est formé de plusieurs textes parmi lesquels les UpanishadW et les épopées du MahabharataW et du RamayanaW. L’hindouisme conserve la plupart des dieux du védisme, mais trois divinités prennent une place prépondérante dans la hiérarchie divine : BrahmaW le Créateur, VishnuW le Préservateur (garant du maintien de l’ordre universel) et ShivaW le Destructeur.

- l’hindouisme (à partir de 500) : l’importance de la dévotion à un dieu personnel devient une caractéristique essentielle de l’hindouisme; à partir du cœur de l’hindouisme se développent différentes sectes (sans aucun connotation péjorative), des groupes d’hindous qui n’adressent leur culte qu’à une divinité d’élection avec des rites et des doctrines spécifiques (shivaïsmeW, vishnuïsmeW, tantrismeW). Toute la vie d’un hindou orthodoxe est rythmée par de nombreux rites : les rites du matin commencent avant le lever du soleil par un nettoyage méticuleux du corps et des rites de purification mentale, ils se poursuivent le reste de la journée par la salutation au soleil, l’offrande (puja) domestique, les puja collective dans les temples, …

Le chiffre 7 revêt une signification particulière dans l’hindouisme. Sept villes saintes constituent de grands lieux de pèlerinage : Varanasi (Bénarès), la plus sacrée des villes saintes (des milliers de gens viennent y finir leur vie chaque année espérant ainsi échapper au cycle des réincarnations), Haridwar où le Gange descendant de l’Himalaya pénètre dans les plaines, Ayodhya ville natale de Rama, Dwarka capitale légendaire de Krishna qui se trouve au large de la côte du Gujarat, Mathura berceau de Krishna, Kanchipuram où s’élève le grand temple de Shiva et Prayag (Allahabad), au confluent du Gange et de  la Yamuna, qui est le lieu de passage entre le monde matériel et le monde spirituel et où des foules immenses se retrouvent tous les douze ans pour un bain de purification (la Kumbh MelaW).

L’Inde compte également sept fleuves sacrés : la Gange, la Saraswati, la Yamuna, l’Indus, la Narmada, la Godavari et la Cauvery.

Les mots-clés de l’hindouisme

Emblême du Jaïnisme

Le jaïnisme

Le jaïnisme est né comme le bouddhisme au VIe siècle av JC dans la plaine orientale du Gange et d’une volonté similaire de recherche de la libération hors de l’autorité du Veda et de l’hégémonie cultuelle des brahmanes. Mais là où le bouddhisme se veut une voie du milieu, le jaïnisme apparait comme une doctrine de l’extrême avec de rigoureuses austérités. A la différence du bouddhisme, le jaïnisme ne s’est pas répandu hors de l’Inde mais il y a perduré jusqu’à nos jours.

Les jaïns sont les adeptes du Jina (ou Mahavira), né selon la tradition vers 599 av JC dans une famille aristocratique. A l’âge de 28 ans, il se retire du monde et, après treize ans d’ascèse, connait la libération (nirvana). Il enseigne ensuite sa voie pendant trente ans dans la vallée du Gange et meurt de privations volontaires près de Patna à l’âge de 72 ans.

Dans le jaïnisme les dieux existent mais ils ne sont pas la réalité suprême et ne peuvent guère aider les humains. Les jaïns doivent trouver en eux la voie vers la libération en suivant les pratiques ascétiques du Jina. Pour les jaïns, tous les êtres humains, comme les animaux, les plantes et les roches possèdent une âme; chaque âme est une entité éternelle libre, de nature spirituelle mais prisonnière du karma considéré comme une matière  qui vient se coller à elle. Le but de l’être humain est de détacher l’âme du karman par l’ascétisme, la pénitence, la méditation et le souci obsessionnel de ne pas porter atteinte à toute forme de vie : c’est un processus qui peut s’étendre sur de très nombreuses vies. Une fois l’âme libérée, elle s’élève dans le ciel où elle demeure pour l’éternité.

Les fidèles vénèrent, comme exemple à suivre, les 24 jina (« victorieux ») ou tirthankara (« passeurs de gué ») qui vainquirent le karma de manière définitive. Mahavira est le dernier d’entre eux. Les images des « passeurs de gué », assis dans la position du lotus, impassibles, sont toutes identiques et répétées inlassablement. Seul moyen pour les identifier : l’animal ou l’attribut qui figure sur le socle : le taureau pour Adinatha, le lion pour Mahavira (fondateur de la communauté jaïne), l’éléphant pour Ajita, la cruche pour Mellinatha (la seule femme tirthankara).

La communauté jaïn est divisée entre moines et laïcs. Les laïcs apportent une aide généreuse aux moines; en retour les religieux leur dispensent l’enseignement ainsi que l’assistance morale et spirituelle. Un vif sentiment de solidarité anime les membres de cette communauté. L’agriculture leur est interdite car ce métier implique la destruction de nombreux êtres vivants dans le sol.

Si l’ancienne région du Magadha, le Bihar moderne, a été le berceau du Jaïnisme, la communauté est aujourd’hui surtout implantée en Inde occidentale dans les états du Rajasthan et du Gujarat, riches en temples et lieux de pèlerinage jaïns : Jaisalmer, Ranakpur et Mont Abu au Rajasthan, Girnar et Satrunjaya dans le Gujarat. Le lieu de pèlerinage le plus saint est le Mont Parsvanatha dans le Jharkhand, où pas moins de vingt des vingt-quatre Tirthankaras auraient laissé leur dernier corps et atteint leur libération.

Bouddhisme en IndeLe bouddhisme

Le bouddhisme est né aux VIe siècle av JC dans le nord de l’Inde. Son fondateur, le Bouddha, propose en réaction au ritualisme du brahmanisme, une nouvelle voie d’accès à la délivrance du cycle des réincarnations.

Ce qui fait l’originalité et la force du bouddhisme par rapport aux autres mouvements ascétiques contemporains, c’est la conviction que la méditation peut mener à la découverte des voies du salut et que l’ascétisme poussé à un point extrême, ainsi que l’acceptation de l’ordre social prôné par les brahmanes, sont contraires à la recherche du salut, d’où la proposition d’une voie médiane, d’un « juste milieu » au sens plein des termes.

Enfin ce n’est pas l’impureté, comme le croient les brahmanes, qui représentent l’obstacle à la recherche du salut, mais la souffrance (duhkha). Méditation sur les causes de la souffrance humaine, le bouddhisme peut être perçu comme une religion salvatrice et comme une sagesse humaniste.

La Loi (dharma) du Bouddha est en même temps l’ordre éternel du monde, sa description et la méthode pour s’en délivrer. La communauté bouddhique (sangha) est le lieu au sein duquel la quête spirituelle se poursuit et s’accomplit.

Le Bouddha a disparu sans avoir laissé ni traité fixant sa doctrine, ni règles écrites pour sa communauté. Les canons bouddhiques seront rédigés durant les quatre siècles av JC et à partir de l’ère chrétienne, deux grandes tendances vont  s’opposer : le Petit Véhicule (Hinayana) qui se caractérise par le maintien de la tradition pâlie et le culte des reliques et le Grand Véhicule (Mahayana) qui considère que le Hinayana est trop élitiste et inaccessible à la vaste majorité des hommes et donc inadapté à leur besoin spirituel.

Le bouddhisme indien à évoluer en trois phases :

- l’essor (IIIe s av JC / IVe s) commence à l’époque de l’empereur Ashoka qui encourage sa diffusion en Inde et en dehors des frontières et se poursuit avec l’empereur Kanishka (fin du 1er siècle) lorsque le bouddhisme commence à se diffuser en Asie centrale et en Chine

- l’apogée (IVe s / VIIe s) commence avec la dynastie gupta. Les lieux saints, les grands monastères et les centres universitaires bouddhiques attirent de nombreux pèlerins et érudits. Le bouddhisme se diffuse en Asie du Sud-Est à partir du Ve siècle

- le déclin et la disparition en Inde (VIIe s / XIIe s) est due à l’absorption graduelle de vastes secteurs du bouddhisme par l’hindouisme, à des reconversions à l’hindouisme stimulées par un clergé hindou militant ainsi qu’aux raids musulmans qui détruisent vers 1200 les grands centres de dévotion et d’enseignement (Sarnath, Nalanda).

Les principaux lieux saints du bouddhisme en Inde sont Bodhgayâ (Bihar) où le prince Siddhartha Gautama a reçu la révélation du bouddhisme au VIe s av JC, Sarnath (à 10 km de Bénarès) où Bouddha a prononcé son premier prêche (dharma) à ses compagnons et Kushinagar (Uttar Pradesh) où Bouddha mourut et atteignit le Nirvana.

L’islam

L’Inde occupe une place majeure dans le monde islamique. Sur le plan démographique d’une part, les musulmans forment une population totale de cent vingt millions de personnes, ce qui place l’Inde au troisième rang derrière l’Indonésie et le Pakistan. Sur le plan historique d’autre part, l’islam y occupe une place très ancienne – sa présence remonte au premier siècle de l’Hégire – et marquante puisque les musulmans y établirent leur hégémonie du XIIIe au XVIIIe siècle ; ils procédèrent à une unification partielle du sous-continent qui sera reprise et complétée par les Britanniques.

Enfin, les interactions entre l’islam et l’hindouisme, la religion dominante dans le sous-continent, ont été telles que des influences réciproques continuent d’imprégner tous les aspects de la vie de chacune des communautés. Dans le nord de l’Inde tout particulièrement, l’impact de l’islam se lit notamment dans nombre d’expressions artistiques – l’architecture, la musique, la cuisine, ainsi que dans la mystique et dans les emprunts linguistiques.

L’islam apporté par les conquérants d’Asie centrale est l’islam sunnite, dominant aujourd’hui encore dans le sous-continent. Les chiites sont également présents dans le sous-continent, comprenant 15 à 20 % de la population islamique totale.

Lire l’article d’Aminah Mohammad-Arif « L’islam en Inde : ses origines et sa situation contemporaine » sur le site de Clio.

Sikhisme

Le sikhisme fut ondé par la gourou Nanak à la fin du XVe siècle en réaction au système des castes et à la domination des brahmanes sur les rituels. Les sikhs croient en un dieu unique et s’opposent au culte des idoles. Le texte sacré des sikhs, le Guru Granth Sahib, contient les enseignements des grand gourous. Comme les hindous et les bouddhistes, les sikhs admettent les principes de la réincarnation et du karma. En revanche, le sikhisme ignore le concept de voie ascétique ou monastique mettant fin au cycle éternel des renaissances. La croyance entre l’égalité de tous les êtres est au cœur du sikhisme; elle s’exprime dans les différentes pratiques. Dans l’une d’elles, appelée langar, les gens de tous horizons, sans regard de castes ni de croyances, s’assoient côte à côte au gurdwara (temple sikh) pour partager un repas offert par des bénévoles et préparé dans la cuisine commune.

La création du Kalsa Panth ou « communauté des purs » en 1699 est un événement fondamental de l’histoire du sikhisme. Cinq emblèmes distinguent la communauté : le kesh (chevelure et barbe non coupées qui symbolisent la sainteté), le kangha (peigne qui retient la longue chevelure), le kaccha (caleçon qui symbolise la modestie), le kirpan (sabre symbolisant pouvoir et dignité) et le karra (bracelet d’acier, signe de courage).