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Société indienne

« Sa bouche devint le brahmane, le guerrier fut le produit de ses bras, ses cuisses furent l’artisan et de ses pieds naquit le serviteur ».

Système des castesLes castes

Originellement, la civilisation aryenne distinguait quatre grands groupes sociaux (ou varna) : les Brahmanes (« ceux qui ont la puissance spirituelle » : les prêtres) les Kshatriya (« ceux qui ont la puissance temporelle » : les gouvernants et guerriers), les Vaishya (« ceux qui ont les fonctions de production et de commerce » : les artisans, commerçants, agriculteurs) et les Shudra (serviteurs des trois premières varna). Les trois premiers varna ont seuls droit au port du « cordon sacré », triple fil de coton porté sur l’épaule gauche et descendant jusqu’à la hanche droite.

Au fil des siècles, cette organisation s’est complexifiée. A la notion de varna s’est surimposée celle de jātiW ou groupement socioprofessionnel spécifique. Dans la société traditionnelle, le fils reprenait souvent le métier du père. Mais la société indienne est ainsi faite que chaque jâti a voulu se différencier des autres par un ensemble de règles comportementales et sociales particulières dans le but de rehausser le statut de la jâti en question. On compte aujourd’hui plus de 4300 jâti dont la place dans la hiérarchie sociale peut varier d’une province à l’autre. Chaque jâti se rattache plus ou moins artificiellement à un des varna. Nous traduisons ces deux mots par le terme unique de « caste » qui ne recouvre exactement ni l’un ni l’autre.

L’apparition de l’intouchabilité au cours histoire de l’Inde s’explique probablement par l’exclusion des personnes pratiquant des métiers « impurs » (vidangeurs, équarisseurs, …) ou ayant été punis d’une proscription sociale totale et définitive (meurtre d’un Brahmane ou d’une vache, mariage de grave mésalliance, …). Ce phénomène de l’intouchabilité s’est développé au cours des siècles au point d’atteindre un pourcentage significatif de la société (160 millions de personnes actuellement) car l’intouchabilité, comme d’ailleurs l’appartenance à n’importe quelle caste, est une donnée héréditaire. Les Intouchables étant des hors castes, il apparaît logique que les non-Hindous soient également considérés comme des Intouchables; c’est le cas des populations tribales des régions reculées du pays et des minorités religieuses.

Bien que les discriminations liées à l’intouchabilité ou à l’appartenance à une caste aient été abolies par la constitution de 1950, la situation évolue très lentement. Dans les villages, les Intouchables sont relégués à la périphérie et doivent avoir leur propre puits, car l’accès au puits communautaire ne leur est pas permis. L’entrée dans les temples ne leur a été concédée qu’avec réticence. Les Intouchables, qui se désignent eux-mêmes sous le nom de DalitW (opprimés) sont encore l’objet de persécutions et de mauvais traitements. L’action du gouvernement tente de corriger les inégalités sociales qui les frappent. Moins scolarisés que la moyenne, du fait de la pauvreté des familles et des réticences des villageois à voir leurs enfants admis à l’école, ils bénéficient en compensation d’une politique de discrimination positive qui leur réserve des quotas d’emplois dans la fonction publique. Ainsi, 125 des 545 sièges du Lok Sabha (chambre basse) sont réservés aux intouchables. Cette politique de discrimination positive est fortement critiquée par les castes supérieures qui estiment qu’une telle politique ne peut qu’affaiblir le niveau général de l’éducation.

Intouchable ne signifie pas forcément pauvre et exclu. De nombreux hommes d’affaires, des médecins et avocats réputés, des politiciens influents, ont émergé de la masse des Intouchables et militent souvent en faveur de leurs droits. La situation commença à bouger de manière significative lorsque le Docteur Ambedkar, lui-même Intouchable et membre du Parlement, se convertit en 1956, peu avant sa mort, au Bouddhisme, religion qui ne reconnaît pas les castes, entraînant avec lui des centaines de milliers de personnes rien qu’au Maharashtra. En 1997, K.R. Narayanan fut le premier intouchable à devenir président de l’Inde. La conversion à une autre religion est apparue à beaucoup d’Intouchables comme une solution pour sortir de leur état.

Le monde moderne altère sensiblement la pratique de cette organisation sociale. Dans les villes, la caste de naissance influe de moins en moins sur le cours de la vie. L’éducation moderne, l’allongement de la durée de la vie, la mobilité, sont autant de facteurs qui facilitent les changements personnels et professionnels, quand ils n’y obligent pas.

Castes dans la politique indienneW Le système de castes en IndeW


La femme dans la société indienne

La société indienne est patriarcale : le père ou l’aîné de la famille détient l’autorité morale et économique. Il serait cependant caricatural de ne voir en la femme indienne qu’une servante soumise.

Dès son plus jeune âge, la petite fille est formée à son futur rôle de mère et d’épouse en participant aux tâches ménagères, en s’occupant des enfants cadets, … Les filles indiennes sont scolarisées à 40% (20% au Rajasthan) alors que les hommes le sont aux deux tiers. Le souci obsessionnel des parents sera de les marier rapidement. Dans l’immense majorité des cas, ils arrangeront le mariage en cherchant un conjoint de même caste. En ville, se produisent plus facilement et plus fréquemment des mariages inter castes, voire avec des étrangers. Le mariage arrangé reste toutefois la norme, même en milieu urbain et le mariage d’amour à l’occidentale est exceptionnel.

La dot des filles est, en principe, interdite par la loi. Elle est cependant toujours d’actualité et pèse lourdement sur les finances des parents. Quand ce sont de petits agriculteurs, il est fréquent qu’ils s’endettent pour des années auprès de l’usurier local. Qu’advienne une succession de mauvaises récoltes et l’impossibilité de rembourser intérêts et capital entraînera trop souvent la perte du seul bien de la famille, à savoir le lopin de terre qui la fait vivre. Les dots non payées intégralement peuvent générer des drames dans des familles avides : la jeune femme sera maltraitée, battue et parfois même arrosée d’essence dans la cuisine pour y être brûlée vive !! Les journaux rapportent périodiquement ce genre de drame.

Une fois mariée, la jeune femme réside avec son mari sous le toit de ses beaux-parents. La famille traditionnelle, dite élargie, peut ainsi comporter trois ou quatre générations sous le même toit, soit plusieurs dizaines de personnes. Les femmes y sont soumises à l’autorité de la belle-mère qui, seule, détient les clés des provisions et règle dans les moindres détails la bonne marche de la maisonnée.

Dès qu’elle a un enfant mâle, la jeune femme voit son statut changer de façon de façon sensible. Elle a contribué à la continuité de la lignée. Respectée, elle restera toujours quand même sous l’autorité et la protection des hommes de la famille. En revanche, elle est souveraine dans son domaine : éducation des enfants jusqu’à l’upanayana vers 11-12 ans, la cuisine, les rituels religieux familiaux quotidiens qu’elle accomplit seule ou avec son mari. Plus elle avance en âge, plus son emprise sur la maisonnée est grande.

La dépendance morale et économique envers les hommes rend le veuvage particulièrement difficile. En théorie, une veuve n’a plus de rôle social. Vêtue de blanc, elle ne doit plus porter de bijoux. Si elle n’est pas prise en charge par l’un de ses fils, sa situation est précaire. Bien que la loi lui donne droit à une part d’héritage, cette disposition est rarement appliquée et les recours en justice sont difficiles et aléatoires. Selon la tradition, c’est le fils aîné qui hérite, évitant ainsi la dispersion des biens, surtout de la terre. C’est pourquoi de nombreuses associations tentent d’aider les veuves dans le besoin. Autrefois, dans les classes supérieures, il était même recommandé que la veuve ne survive pas à son mari et s’immole sur son bûcher funéraire (coutume du Sati). Une autre coutume est celle du purdah, ou claustration des femmes.

Le divorce, autorisé par la loi depuis 1955, reste rare, les femmes n’ayant que rarement l’indépendance économique et restant soumises aux pressions familiales. Qu’une femme divorce est un déshonneur pour sa famille qui devient la risée du village. Réfugiée par défaut sous le toit de ses parents, s’ils l’acceptent (car ils lui devront alors nourriture et protection), elle n’a aucune perspective de remariage. La loi reconnaît à la divorcée une pension de 20% des revenus du mari, mais cette disposition est inappliquée dans la plupart des cas.

La femme moderne qui a reçu une éducation supérieure et vit dans les villes a, bien entendu, tendance à rejeter ces contraintes de la société patriarcale. La dimension réduite des appartements (l’immobilier coûte cher) disloque les structures de la famille élargie. Les liens familiaux restent néanmoins très puissants mais leurs effets se font moins sentir dans la vie de tous les jours. Le jeune couple garde des obligations morales et financières vis à vis des parents et des frères et soeurs mais mène sa vie quotidienne comme il l’entend. La femme moderne travaille, a le droit d’ouvrir un compte en banque séparé.
Les femmes jouent un rôle considérable dans la vie politique et leur présence numérique dans les partis et les instances gouvernemental.

Les sites de l’AIDWA (All India Democratic Women’s Association) et de la SEWA (Self Employed Women’s Association) vous permettront d’en savoir plus sur les droits des femmes en Inde.