Histoire du Guatemala

2000 ac JC Premiers villages de pêcheurs et d'agriculteurs sur la côte Pacifique.  
Vers 250 Début de la construction de grandes cités-temples dans les montagnes.  
De 600 à 900 Le centre du pouvoir maya se déplace vers le Peten. Après l'effondrement de l'empire maya, les Itzaes s'installent, eux aussi, dans le Peten et autour de Flores.  
1523 Pedro de Alvarado conquiert le Guatemala au nom de la Couronne espagnole. Les royaumes mayas sont écrasés, leurs terres confisquées et les populations réduites en quasi-esclavage par les Espagnols. L'arrivée des missionnaires catholiques contribue à la destruction de la culture maya.  
1541 Création de la Capitainerie générale du Guatemala de laquelle dépend la majeure partie de l'Amérique centrale..  
1542 La première capitale du Guatemala (Ciudad Vieja) est détruite par des inondations et un tremblement de terre.  
1699 Chute du dernier royaume maya, établi sur l'emplacement de l'actuelle Flores.  
1773 La seconde capitale du Guatemala (La Antigua) est détruite par deux tremblements de terre. La troisième et actuelle capitale (Guatemala) est fondée en 1776.  
15 sept. 1821

Le Guatemala devient indépendant; il fait partie de l'empire du Mexique pendant quelque temps et puis intégre les Provinces-Unies de l'Amérique centrale jusqu'à leur démantèlement en 1839.

Les hispaniques guatémaltèques s'approprient la plupart des terres, les conditions de vie des mayas empirent et l'esclavage prospère.

 
1839-1944

Les présidents, libéraux ou conservateurs, se succèdent avec des politiques très proches : favoritisme à l'égard de l'oligarchie, toute puissance de l'église, maintien des indiens dans la servitude. La dérive dictatoriale devient la norme.

 
1944-1951

Le renversement du dictateur Jorge Ubico en 1944 marque le début de dix années de démocratie. Elu président, Juan José Arévalo (1945-1951) instaure un système de sécurité sociale, crée une commission chargée des problèmes indiens, modernise les infrastructures de santé publique et libère la législation du travail. Au cours de son mandat, 25 putschs militaires tentent de le renverser !

50's

Jacobo Arbenz (1951-1954), successeur d'Arévalo, institue une réforme agraire destinée à soutenir les petites propriétés familiales.

 

L'expropriation de la United Fruit Company entraîne l'intervention des Etats-Unis; l'armée du colonel Carlos Castillo Armas (1954-1957), aidée par la CIA, envahit le pays à partir du Honduras en 1954. Arbenz est contraint à la démission et à l'exil; sa réforme agraire est enterrée avec les espoirs du peuple guatémaltèque. La violence caractérise les présidences militaires qui succèdent à l'époque Arbenz, soutenues par l'armée, l'oligarchie et l'église. En 1956, le droit de vote est retiré aux illettrés (environ 75% de la population), la police secrète reprend ses exactions.

 
60's et 70's

L'essor de l'industrie guatémaltèque profite aux classes aisées, provoque une forte pression syndicale et un exode rural massif, source de développement urbain anarchique et de l'apparition de bidonvilles. Parallèlement, des groupes de guérilla émergent en réponse aux violences des militaires et paramilitaires. En 1979, Amnesty International estime à 50 000 ou 60 000 le nombre de morts dus aux violences politiques au cours de la décennie.

En 1976, un tremblement de terre fait 25.000 morts, 75.000 blessés et plus d'un million de sans-abri.

 

80's

 

 

 

Les exactions de l'armée dans les campagnes atteignent leur paroxysme sous la présidence du général Ríos Montt (1982-1983), un évangéliste parvenu au pouvoir à la suite d'un coup d'état en 1982. Les assassinats touchent essentiellement les Indiens, dont les villages sont rasés (plus de 400), les habitants torturés et massacrés. En 1983, Ríos Montt est destitué par le général Oscar Mejía et le bain de sang continue. Le rythme des assassinats politiques est tel (plus de 100 par mois) que les Américains retirent leur aide militaire.

Les groupes de guérilla se renforcent et s'unissent en février 1982 pour former l'UNRG (Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque).

Un président civil, Marco Cerezo (1986-1990), est élu. Cependant, les militaires gardent le contrôle des zones rurales et, à la fin du mandat de Cerezo, en 1990, la situation ne s'est guère améliorée.

 

90's

 

 

 

 

Jorge Serrano (1990-1993), un évangéliste conservateur, ouvre le dialogue avec l'UNRG. Les négociations échouent et Serrano sollicite le soutien de l'armée avant d'être contraint à l'exil.

 

Ramiro de León Carpio (1993-1996), défenseur des droits de l'homme et critique virulent des exactions militaires, termine le mandat de Serrano.

 

1994 : le Guatemala saisit les Nations unies du contentieux territorial qui l'oppose au Belize; il déclare ne pas avoir reconnu l'indépendance du Belize par l'accord de 1972 et réclame un second accès à la mer des Caraïbes.

Alvaro Arzú (1996-2000), droite modérée, poursuit les négociations avec l'UNRG. Il signe en 1996 des accords de paix avec l'UNRG, après 36 ans de guerre civile, plus de 200 000 morts et disparus.

Rigoberta Menchú, une Maya qui a lutté avec acharnement pour faire reconnaître les droits des peuples indigènes d'Amérique latine, reçoit en 1992 le prix Nobel de la Paix. Elle dépose en 1999 une plainte pour génocide contre Rios Montt. Site de la fondation. Mgr Gerardi, évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad, est assassiné le 26 avril 1998 après avoir présenté dans la cathédrale le rapport " Guatemala : nunca màs " (Guatemala : jamais plus), dénonçant les atrocités commises par l'armée.  

2000's

Suite aux élections de novembre 1999, le populiste Alfonso Portillo Cabrera est élu Président de la république et les principaux partis représentés au Congrès sont :

- le FRG Front Républicain Guatémaltèque, créé par l'ancien dictateur Ríos Montt (droite, majorité de 63 sièges),
- le PAN Parti pour l'Avancée Nationale (droite, 36 sièges),
- l'ANN Alliance Nouvelle Nation (gauche démocratique, 10 sièges), à laquelle s'est ralliée l'UNRG Union Révolutionnaire Nationale Guatémaltèque qui avait été fondée par les ex-guérilleros,
- le PDCG Parti Démocrate-Chrétien Guatémaltèque (centriste, 2 sièges),
- le PLP Parti Progressiste de Libération (1 siège),
- la coalition du LOV Parti Vert et de l'UD Union Démocratique (1 siège).

En février 2002, Amnesty International présente un rapport accablant, intitulé « L'héritage mortel du Guatemala », sur les exactions et les massacres commis en toute impunité dans le pays.

 
 

En décembre 2003 a eu lieu la deuxième élection présidentielle au Guatemala depuis l'accord de paix de 1996 qui a mis fin à 36 années d'une guerre civile au cours desquelles 200.000 personnes ont trouvé la mort.

Le conservateur Oscar Berger, ancien maire de la capitale guatémaltèque et propriétaire terrien lié à l'aristocratie agricole et aux milieux bancaires, a été élu face à Alvaro Colom du centre. Le premier tour a été marqué par un vote massif à la fois contre l'ancien dictateur Rios Montt (3ème) et contre le gouvernement FRG sortant du président Alfonso Portillo accusé de corruption.