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Waterton à Browning (100 km) via la réserve indienne des Blackfeet



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Chief Mountain (lieu sacré des Blackfeet)

La montagne est très visible grâce à la différence d’altitude (1 524 m) existante entre son sommet et les Grandes Plaines environnantes. La montagne était sacrée chez les amérindiens durant des milliers d’années. Les premiers explorateurs blancs aperçurent la montagne à la fin des années 1700 et la nommèrent Kings Peak sur les cartes du Royaume-Uni en 1795. Meriwether Lewis, de l’expédition Lewis et Clark, vu la montagne en 1805 et la nomma Tower Mountain (la « montagne tour »). Le nom fut changé en Chief Mountain à la fin du XIXe siècle en fonction du nom donné par la tribu indienne des pieds-noirs. Lors de la création du parc national de Glacier en 1910, la partie orientale fut incorporée dans le parc alors que la partie occidentale restait sous la juridiction de la réserve indienne des Pieds-Noirs.

Browning

Cette petite ville, située NE de East Glacier Park, est la capitale de la réserve des Pieds-Noirs qui jouxte Glacier NP, partie intégrale de leur territoire jusqu’en 1896. Ici ont lieu chaque année en juillet les North American Indian Days (journées indiennes nord-américaines) qui donnent lieu à des festivités (danses traditionnelles photo, jeux, défilé et rodéo). A voir à Browning : le Blackfeet Nation Store (333 Central Ave) et le Museum of the Plains Indian (19 Museum Loop, à l’O de la ville au croisement des US 2 et 89) qui présente la culture indienne : objets de la vie quotidienne, scènes reconstituées, documentaire relatant l’histoire de la tribu et de sa région. Au Lodgepole Tipi Village, on peut dormir sous des tipis installés dans la prairie (sortri de Browning en direction de Saint Mary par l’US 89), où l’on peut entendre des récits liés aux traditions ancestrales, dégister de la cuisine blackfeet ou encore découvrir des chants tradtionnels.

Réserve des Pieds-Noirs (Blackfeet)

La Blackfeet Indian Reservation a été créée pour la tribu des Peigans. La réserve se situe à l’est du parc national de Glacier à la frontière du Canada. Sa superficie est de 6000 km2, plus grande par exemple que l’État américain du Delaware. La Nation des Pieds-Noirs comprend trois tribus : les Piikuni ou Peigan, les Kainai ou Bloods et les Siksika. Les Peigan du Ssud (Amsskaapipiikuni) vivent au Montana (USA) alors que les Peigan du Nord (Apatohsipiikuni), les Bloods et les Siksika vivent en Alberta (Canada). On donne généralement à ces peuples l’appellation Blackfoot au Canada anglais et Blackfeet aux États-Unis. Ils se nomment eux-mêmes Nii-tsi-ta-pii-ksi (le « vrai peuple ») et parlent Nii-tsi-poi-yksi (le « vrai langage »). Leur territoire, qu’ils nomment Niitawashi, s’étendait de la North Saskatchewan River au nord à la Yellowstone River au sud et des Rocheuses à l’ouest aux Great Sand Hills à l’est (actuel Saskatchewan). Les Siksika habitaient le nord et l’est de ce territoire, les Kainai au centre et les Piikuni à l’ouest et au sud. Ihtsi-pai-tapi-yopa est le nom qu’ils donnent à leur Créateur, la Source de Toute Vie

Le plus nordique des peuples indiens des Plaines étaient l’une des plus puissantes nations d’Amérique du Nord. Ils sont entrés tardivement en contact avec les Blancs, à travers le commerce des fourrures, au début du XIXe siècle. En quelques années, la variole, le choléra et d’autres épidémies d’origine européenne font périr 80 à 90% de cette population indienne. C’est en position d’infériorité qu’ils seront contraints de traiter officiellement avec Washington, à partir de 1851. En moins de vingt ans, les neuf dixièmes de leur territoire passent sous la coupe des envahisseurs. Plus grave, le bison, pivot de leur culture, est quasiment éliminé, plongeant les Blackfeet en plein désarroi et dans une totale dépendance vis-à-vis d’un gouvernement américain qui sera directement responsable de deux des plus sombres épisodes de leur histoire. Le 23 janvier 1870, les soldats du 12e régiment de cavalerie massacrent 93 vieillards, femmes et enfants dans le camp du chef Heavy Runner, établi sur les bords de la Marias River. Réduits à 2.000 en 1883 (contre 30.000 un siècle plus tôt), dépendants du bureau des Affaires Indiennes, les Blackfeet affrontent cet hiver-là une terrible famine qui va causer la mort de 800 adultes et enfants. Après ces épreuves, tandis que leur territoire continue à se réduire comme peau de chagrin, ils doivent encore subir à la fin du XIXe, les effets dévastateurs d’une répression culturelle sans merci. A l’époque, les lois fédérales interdisaient la pratique de leur langue, de leurs rites et de leurs cérémonies. Arrachés à leur famille, les enfants sont envoyés dans des pensionnats éloignés où on leur inculque la civilisation et la « vraie foi ». Dans le même temps, l’interdiction du nomadisme traditionnel, la fin de la propriété tribale et les tentatives de reconversion agricole tournent au désastre. Le coup de grâce sera donné en 1905, lorqu’un traité impose aux Blackfeet la vente de leurs montagnes, « l’épine dorsale du monde » pour 1,5 million de dollars. Les chefs demandent à conserver les droits de chasse, de pêche et d’abbatage de bois, mais n’en profitent pas longtemps. Dès 1910, lorsqu’on s’aperçoit que les montagnes sont dépourvues du minerai qui avait poussé les Blancs à les acheter, celles-ci sont transformées en parc national. Depuis, le gouvernement ne reconnait pas les droits des Indiens, au motif que la réglementation des parcs prévaudrait sur les traités.

Citoyens américains depuis seulement 1924, les Blackfeet devront attendre une loi de l’administration Roosevelt en 1934, pour que leur situation connaisse un début d’amélioration. Les gouvernements tribaux sont encouragés, subventionnés, et dès 1935 les Blackfeet élisent leur premier conseil tribal. Celui-ci siège aujourd’hui à Browning et administre la réserve sur les plans législatif, économique, social et culturel, en collaboration avec les autorités fédérales. En 1987 est créée la Blackfeet National Bank, première banque commerciale indienne à voir le jour aux USA. Gérée par la tribu, cette banque de dépôts permet de limiter la fuite de capitaux hors de la réserve et surtout d’attribuer des prêts destinés à financer des entreprises locales. Autre dossier brûlant, la gestion des ressources naturelles. En 1921, on découvre du pétrole et du gaz naturel sur la réserve. Pendant longtemps, les Blackfeet n’ont eu aucun pouvoir dans la prise de décisions et la partage des profits. Ce n’est qu’au début des 90’s qu’ils ont pu exercer un contrôle sur les comptes. Depuis longtemps, les Blackfeet mènent une lutte de reconquête culturelle.

Méprisées, parfois dévalorisées à leurs propres yeux, les coutumes ancestrales et la langue sont de nouveau considérées. Des cérémonies sacrées, interdites avant d’être reconnues en 1978 par une loi fédérale sur la liberté religieuse des Indiens, retrouvent leur place dans la vie de la tribu.

Confédération Blackfeet (Larousse) | Piegans du Montana (Wikipedia) | Site officiel de la nation Blackfeet