Prieuré de
Serrabone
   

 

A 600 mètres d'altitude, Serrabone (Serra bona, la bonne montagne en Catalan) se niche au bout d'une route étroite qui suit les gorges du Boulès.

La "bonne montagne", abritait dès 1082 une petite communauté de chanoines augustins. 70 ans de travaux seront nécessaires jusqu'à la consécration du prieuré en 1151. La lutte de la papauté contre l'influence réformatrice de l'ordre des Augustins pousse les moines à abandonner le prieuré en 1612. S'ensuivent deux siècles d'oubli et de dégradations, les bâtiments n'abritant plus que les bergers et leurs troupeaux. La restauration débute au 19e siècle.

Deux matériaux sont utilisés pour l'ensemble du bâtiment : le schiste, appareillé en blocs savamment ajustés, et le marbre rose du Conflent pour son décor sculpté. A l'extérieur, le portail nord est entouré de deux colonnes dont les chapiteaux représentent un Christ bénissant, à gauche, et des lions, à droite. La façade est très austère, percée seulement d'une baie cintrée. Le clocher carré est percé de deux baies rectangulaires sur chaque face.

Après avoir traversé le scriptorium, on pénètre dans le cloître ou préau, une galerie ouverte au sud sur la vaste paysage forestier. Elle réserve la première surprise : six arcades aux gracieuses colonnettes et aux chapiteaux sculptés (on reconnaît des monstres et des motifs floraux inspirés de Saint-Michel de Cuxa.

La véritable surprise attend le visiteur à l'intérieur : le contraste est total avec la rugosité extérieure. La nef est lumineuse et la tribune est l'un des plus émouvants chefs d'œuvre de la sculpture romane.

La nef est un vaisseau long et étroit (5 mètres de large), éclairé par des baies en plein cintre. Sur le mur sud, on trouve des restes de fresques datant du 12e siècle. La voûte en berceau brisé, composée de dalles schisteuses, atteint 10 mètres de hauteur.

Les collatéraux sont isolés du vaisseau principal : on accède au collatéral nord par le bras nord du transept et par deux ouvertures côté nord de la nef, on accède au collatéral sud par le bras sud du transept (ce collatéral est la galerie ouverte sur l'extérieur évoquée plus haut).

Les croisillons du transept comportent chacun une travée qui ouvre sur une petite absidiole, invisible de l'extérieur. Le chœur est voûté en cul-de-four. Il est éclairé par une minuscule baie cintrée, encadrée de deux colonnettes.

Une splendide tribune, en marbre rose, marque le milieu de la nef : le transept et l'abside sont réservés au culte monacal alors que la partie ouest de la nef et le collatéral sont réservés à la mission d'évangélisation (dimensions : 3m10 de hauteur, 5m60 de largeur et 4m80 de profondeur).

Le dessous du portique se donne à voir comme un baldaquin monumental qui pouvait servir de chœur de prière. Il se divise en trois travées dans le sens est-ouest et en deux travées dans le sens nord-sud. Les intersections sont marquées par onze colonnes; les quatre angles étant cantonnés par quatre piliers. Les colonnes et les piliers sont unis par des croisées de plein-cintre qui supportent six petites coupoles voûtées d'arêtes. Le dessus du portique est une simple plate-forme avec une balustrade, dont il ne subsiste que quelques éléments; elle était destinée aux chants liturgiques.

La partie la plus remarquable réside dans l'ornementation délicate des trois archivoltes, de la façade sculptées en méplat et en creux dans le marbre : fleurs à quatre pétales, animaux à corps de lion et à bec d'aigles.

Les écoinçons présentent des fleurs et des sujets religieux (séraphins, tétramorphe...). La corniche de la tribune est ornée de motifs végétaux et de redents. Les chapiteaux qui se trouvent sous la tribune présentent un bestiaire varié et de splendides guerriers. Une véritable broderie dans la pierre.

 

  66130 Boule-d'Amont, Tel : 04 68 84 09 30
Ouvert tlj de 10h à 18h (sauf les 1er janv, 1er mai, 1er nov et 25 déc).

 

''Aujourd'hui encore
la magie du site
opère. Aucune âme
au monde ne ressort
indemne de cette valse
inconsciente
mystique opérée
sous les voûtes

de ce temple

dissimulé,,