Lyon, Basilique Saint-Martin d'Ainay

Un monument exceptionnel au sud de Lyon, entre Rhône et Saône , original par son transept non débordant et sa coupole, par des archaïsmes comme ses absidioles empâtées dans des murs plats, par son clocher porche doublé d’une tour-lanterne à l’est et surtout par la double colonnade de sa nef, qui rappelle les basiliques paléochrétiennes.

Construit à la fin du XIe siècle à l’instigation de l’abbé Gaucerand, cet ancien monastère bénédictin fut consacré par le pape Pascal II en 1107. A cette époque, l'abbatiale se trouve dans une île de sable et de verdure; aujourd'hui, elle est enserrée de toute part de constructions plus ou moins modernes qui lui font perdre de son charme.

Au XIIe siècle, sous le règne de Saint-Louis, le pape Innocent IV réunit à Lyon le concile qui excommunie l’empereur Frédéric II. Après six ans passé à Ainay, il reconnaît à l’abbaye 71 églises, abbayes et prieurés dispersés de la Bourgogne à la Provence, ce qui aida son essor.

A la renaissance, le monastère possède un port sur le fleuve, son abbé habite un palais, les moines disposent d’importants bâtiments conventuels, de deux cloîtres, d’un jardin, d’une vigne. En 1562, les troupes réformées du baron des Adrets détruisent de nombreux bâtiments. En 1600, Henry IV y séjourne à l’occasion de son mariage avec Catherine de Médicis. Louis XIII y passe quatre fois avec son ministre Richelieu, puis Louis XIV quelques années plus tard. La Révolution lui est fatale : palais des abbés rasé, bâtiments et terres vendues, église transformée en grenier.

1. Clocher-porche (XIe), voûte (XIIe), tympan du XIXe

2. Portes latérale du XIXe

3. Chapelle Saint-Joseph du XIXe

4. Chapelle de la Vierge du XIXe

5. Nef et collatéraux; 4 travées limitées par des colonnes monolithes; voûtes; décoration refaite en 1997

6. Croisée du transept, coupole (décoration du XIXe)

7. Chapelle Sainte-Blandine (XIe), chapiteaux à entrelacs (Xe), crypte (Ve)

8. Chapiteau Adam et Eve, Annonciation, Christ lumière du monde à gauche de l'abside Saint-Badulphe

9. Chapiteau Caïn et Abel, Saint-Michel, Saint-Jean Baptiste à droite de l'abside Saint-Benoît

10. Abside (décoration et arcatures encadrant l'autel du XIXe)

11. Chapelle Saint-Michel (XVe)

12. Reste de l'église Saint-Pierre (XIIe)

 

Clochers

Ses deux clochers sont caractéristiques de l’art roman. Le plus haut, au dessus de la façade, contient les cloches. L’autre est un clocher lanterne qui éclaire la croisée du transept.

 

Façade

La porte du rez-de-chaussée est surmontée d’un arc brisé couvert d’un riche décor de rinceaux.

Au premier étage, les murs sont garnis d’arcatures aveugles très hautes et décorées de briques.

Au deuxième étage, l’appareil est le même avec des arcatures plus petites encadrées par des colonnettes et des chapiteaux.

Entre les fenêtres des 2e et 3e étages, la surface de la pierre est occupée par une croix de briques qui semble suspendue à un collier d’émail rouge et blanc (chanoine Chagny). Sous ce collier d’émail, on distingue une frise comportant une quinzaine de sujets taillés en méplat et représentant des animaux symboliques.

Au-dessus du troisième étage, se dressent la pyramide et les pyramidions d’angles.

   

 

Nef

Le volume intérieur est ample (34 m de long sur 17 m de large, bas-côtés compris). Remaniée de nombreuses fois au cours des siècles, la charpente primitive de la nef a été remplacée au XIXe siècle par une voûte. A cette même époque, les murs latéraux ont été percés d’arcs ouvrant sur des chapelles.

Les colonnades de la nef rappellent les églises de 4e siècle. On devine pourquoi : Lyon avait été une capitale antique dont les ruines étaient loin d’avoir disparu. Pour construire une nef, il était tout simple de réutiliser les colonnes romaines qu’on avait sous la main. Même s’il fallait, en raison de leur relative faiblesse, se contenter d’une charpente, plus légère qu’une voûte. C’est ce qui explique l’originalité de cette église, peut-être unique en France.

Les quatre monolithes qui supporte le clocher lanterne à la croisée du transept proviennent des restes du sanctuaire des Trois-Gaules dont l’autel était encadré par deux colonnes gigantesques que les gallo-romains avoir jadis fait venir d’Egypte. Ces deux colonnes furent sciées en deux, embarquées sur la Saône et hissées sur le chantier de Saint-Martin d’Ainay.

 

Choeur et Abside 

Ce sont les parties les plus remarquables de la basilique. Un berceau plein-cintre couvre l’espace central alors que des voûtes d’arêtes sont utilisées pour les espaces latéraux. A l’Est, de part et d’autre du chœur des dosserets supportent des bas-reliefs historiés.

L’abside semi-circulaire est pourvue d’un riche décor d’arcatures et de pilastres. Trois ouvertures cantonnées de colonnettes de marbre éclairent l’abside alors que deux arcs aveugles occupent l’extrémité de l’hémicycle.

Les deux chapiteaux qui coiffent les pilastres de part et d’autre de l’autel prennent place parmi les plus remarquables de l’art roman à côté de la Fuite d’Egypte d’Autun, du Moulin mystique de Vezelay ou de l’Eucharistie d’Issoire. Ils évoquent la Tentation d’Adam et Eve et le Meurtre d’Abel par Caïn.

Le carré de la croisée du transept porte 20 petites colonnes, dont 16, accolées deux par deux, soutiennent 8 arcades de même taille dessinant l’octogone qui supporte la coupole. Les quatre placées sur le sommet des arcs, c’est à dire dans les axes de la nef et du transept, contiennent les fenêtres, les quatre autres, aux angles, de petites voûtes « en cul de four ». Les fresques des plafonds sont du XIXe siècle. 

Chapelle Sainte-Blandine 

Au Sud-Est de la basilique, des passages ouverts au XIXe siècle donnent accès à la chapelle Sainte-Blandine qui date du XIe siècle. Un petit chœur domine une nef dont la voûte en berceau plein-cintre repose sur de solides piliers adossés aux murs latéraux. Le chœur, surélevé au-dessus d’une crypte de quelques mètres carrés, est couvert d’une demi-coupole pourvue de deux trompes et décorée de colonnettes et de chapiteaux à entrelacs.

 

Visites : le 2ème mercredi et le 2ème samedi de chaque mois (RDV sur le parvis à 15h le mercredi et 9h30 le samedi)