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Sculpture, Bible de pierre

Après 500 ans d’oubli, la sculpture monumentale est remise à l’honneur par l’Eglise car elle est bible de pierre pour un public grandissant, le plus souvent illettré. Elle est parfois utilisée par le prédicateur qui, pour illustrer son sermon, désigne aux fidèles tel ou tel chapiteau. Elle ne recherche jamais un effet purement esthétique, mais plutôt éducatif. Thèmes et composition des œuvres sont donc choisis en pensant à leur réception par le fidèle.

La sculpture accompagne le fidèle dans l'église. En approchant, il découvre d'abord le tympan sur lequel, le plus souvent le christ immense, l'accueille, bras ouverts, lui signifiant par la -même le passage du monde terrestre à un lieu divin. Pour l'inciter à renoncer à ses péchés, on lui montre dans des jugements derniers les châtiments des damnés et le bonheur des élus, ou on lui présente l'image redoutable du Dieu de l'Apocalypse.

A l'intérieur de l'église, les chapiteaux accompagne la montée du pèlerin vers le chœur et son chemin de retour en favorisant sa prière et en lui donnant des modèles de vie chrétienne. Dans les églises de pèlerinage, et en particulier à Vézelay, le fidèle trouve en entrant, coté Nord, surtout des scènes d'ancien Testament et de violence (luttes, meurtres, diables), alors qu’à sa sortie, coté Sud, prédominent le Nouveau Testament, les vies de saints (Benoît, Martin…), le paradis (4 fleuves). Ce jeu d’ombre et de lumière est très symbolique.

L'architecture commande, la sculpture obéit ...

Dans une église romane, la sculpture se place à l'extérieur sur le tympan et son entourage (trumeau, piédroits, voussures…) et parfois sur le tour des fenêtres, les corbeaux… A l'intérieur essentiellement sur les chapiteaux, mais aussi sur les bases de piles, corniches arcs formerets et doubleaux, tours de fenêtre, .…

La sculpture romane est étroitement liée à l'architecture : ainsi, souligner les points où est fixée la sculpture revient parfois à tracer un schéma de l'architecture elle-même. Les éléments architecturaux sur lesquels la sculpture se posent en déterminent le relief et partiellement le modelé, la distribution des figures, leurs proportions et leurs mouvements. Ainsi, pour un simple bandeau (corniche, archivolte, tailloir), on se contente d'un relief léger ou d'une gravure ; sur des claveaux saillants, la sculpture est profonde, donnant des ombres marquées.

Le sculpteur roman a horreur du vide : il déforme ses personnage de façon à leur faire occuper les angles et les recoins. Sur le tympan, dalle semi-circulaire, il joue de la taille décroissante des personnages, les allongeant en forme de triangle aux extrémités. Sur le linteau, bande horizontale, on trouve souvent une frise de feuillage ou d'animaux allongés, ou des personnages trapus. Sur le trumeau et les piédroits, éléments verticaux, on trouve des personnages en long.

L'architecture n'influence pas seulement la forme de la sculpture, mais aussi son relief : ainsi le linteau, élément porteur, aura un relief bien moins prononcé que le tympan.