Le Père et l’Esprit ont chacun leur main droite dirigée vers le Fils ou vers la coupe. La position des doigts, notamment de l’index et du majeur, est un geste de bénédiction « au nom du Seigneur ».
Le nom du Seigneur, c’est Jesus Christos, soit IC et XC en grec. L’index droit et la majeur incurvé forment I et C ; l’annulaire et le pouce se croisent pour former un X, l’auriculaire légèrement courbé forme de C final. C’est donc la position d’une main qui bénit au nom de Jésus-Christ. C’est pourquoi les évêques, en Occident, l’ont adoptée… et c’est de cette manière que les vieux croyants tracent sur eux le signe de la croix.


Le Père et l’Esprit bénissent le Fils en indiquant son nom de leur main droite. Mais ils font plus que désigner le Christ, ils sont garants de sa mission ; ils portent témoignage de lui.
Roublev dans son icône fixe ce moment intemporel, unique, éternel où la Trinité se dit elle-même, en parlant de l’Incarnation de Fils et au-delà de son œuvre de Rédemption. Les trois grands mystères chrétiens, c'est-à-dire les trois sujets les plus élevés de la pensée humaine sur Dieu sont en quelque sorte condensés dans cette icône. Elle est d’une pénétration théologique qu’on n’arrivera pas à épuiser.
Roublev nous montre un Dieu serviteur de l’homme, un Dieu compatissant à l’infini. Le Fils est envoyé non pas pour supprimer la souffrance d’un coup de baguette magique, mais pour la vivre, l’assumer. Regardons encore une fois le Fils : la tête penchée, le corps courbé, la main droite abaissée en signe d’acceptation, le visage vers la coupe, les yeux fixés sur elle, il sa charge de sa mission de sauveur des hommes. Il souffrira avec eux et pour eux.
Ce qui frappe le plus en Dieu ce n’est pas seulement qu’il soit doux, bon ou humble, c’est qu’il ait voulu souffrir. Roublev a senti que ce qu’il y a de plus grand en Dieu, c’est de communier à la souffrance des hommes.
L'icône de la Trinité de Roublev
L'objet du colloque (2/3)