Lhassa, naguère "cité du divin", cité sacrée, cité interdite, cité rêvée, aujourd'hui ville occultée, d'une modernité ravageuse à la mesure des ambitions coloniales de ses nouveaux patrons ... Une oreille attentive y percevra le battement sourd d'une certitude de victoire, enfouie dans les profondeurs d'une mémoire hors d'atteinte du temps des hommes. Faisant fi d'un présent qui n'est pas le leur, les pèlerins suivent d'instinct les chemins traditionnels de la dévotion, moulins à prière au poing et sur les lèvres l'ancestral salut à la divinité, Om mani pémé houm qui résonne encore et toujours au pied des autels, autour des statues et des montagnes, dans le coeur serré de tous ceux qui inlassablement nourrissent l'espoir ... [ à suivre ]