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Empire Moghol (1500/1800)

Nota : le terme « moghol » vient de l’arabo-persan « mughal » qui signifie « mongol ».

Au cours du XIVe siècle, l’influence turque était devenue prépondérante chez une partie des tribus mongoles, qui s’étaient converties à l’islam. Vers la fin du XVe siècle, ces communautés chagataï furent chassées des hautes vallées d’Asie centrale par de nouveaux venus, les Ouzbeks, et s’installèrent en Afghanistan. Le jeune prince BâburW s’empara de Kaboul en 1504 et prit le titre persan de shah. Faute de pouvoir  reconquérir sa patrie d’origine, il dirigea ses ambitions vers le Panjab, suivant l’exemple de ses prédécesseurs comme Tamerlan, un siècle plus tôt. Il s’empare de Delhi et d’Agra en 1526. Il passe en Inde les dernières années de sa vie où il construit des mosquées et les premiers jardins moghols.

Son fils HumayunW lui succède en 1530 mais il est évincé par un aventurier afghan qui va régner sous le nom de Sher Shah SuriW sur l’Inde du Nord durant douze ans (1533-1545). A cette époque, le système des sultanats était la norme politique en Inde. Sher Shah innova à tous les niveaux en fondant la promotion de ses officiers sur le mérite et non sur la naissance, en mettant en place une administration fiscale fondée sur des enquêtes précises sur la valeur des terres, en prélevant les impôts en espèces et en rétablissant un monnayage en argent de titre et de poids fixes, garanti par l’État : la roupie. L’empire moghol englobe alors, l’Afghanistan, le Punjab, la plaine de Delhi jusqu’à Allahabad et les contreforts himalayens.

Empire Moghol (XVIe-XVIIIe)

Lorsque AkbarW, fils d’Humayun, accède au trône en 1556, le pouvoir moghol n’est pas encore consolidé, ni territorialement, ni institutionnellement. Les Moghols ne sont encore que des étrangers mal enracinés en Inde. Pendant une quinzaine d’années, de 1561 à 1576, il mène campagne sur campagne. Il soumet le Rajasthan et annexe les sultanats du Gujarat et du Bengale, ainsi que le Bihar et l’Orissa, s’empare du Kashmir qui va devenir la résidence d’été des Moghols; il annexe enfin le Sind, le Balouchistan et la région de Kandahar. A sa mort, l’empire comptera environ 100 millions d’habitants.

Simultanément, il assoit son autorité civile à l’aide de trois instruments : un trésor public et une administration bien gérés, un rituel de cour visant à en imposer aux factions, et une politique d’ouverture vis-à-vis des élites non musulmanes. Il impose le persan comme langue officielle de la Cour.

Après sa mort, l’empire Moghol connaît près d’un siècle de stabilité des institutions et d’expansion vers le sud sous les règnes de JahangirW(1605-1627), Shah JahanW (1628-1658) et AurangzebW (1658-1707).

Shah Jahan est généralement présenté comme le « Grand Moghol » par excellence. Cette réputation de magnificence est illustrée par la construction d’une nouvelle capitale sur le site de Delhi, Shahjahanabad, avec le Fort Rouge en son cœur, et par l’édification du Taj Mahal, mausolée en l’honneur de sa défunte épouse préférée, Mumtaz Mahal. Il encourage tous les arts, dont la musique et la peinture de miniatures qui atteint, sous son règne, son apogée. Il fait construire d’immenses mosquées dans plusieurs villes.

Les successeurs d’Aurangzeb sont incapables de faire face aux mécontentements et révoltes régionales. L’affaiblissement du pouvoir central entraîne une baisse importante des revenus : la collecte des impôts se fait au profit des potentats locaux; l’armée impériale, mal payée, se désagrège. En 1739, Delhi est saccagée par le souverain perse Nadir Shah. Entre 1739 et 1769, l’Inde subit onze invasions.

Petit à petit, les nobles s’émancipent et les provinces deviennent autonomes, gérées par de nouvelles dynasties locales. Les MarathesW qui exercent, au milieu du XVIIIe siècle, une sorte d’hégémonie en Inde sont défaits par les Afghans en 1761 et laissent une situation politique ouverte qui permet aux Britanniques de s’emparer du Bengale en 1765.

En 1858, à la suite de la révolte des CipayesW, les Britanniques exilent en Birmanie le dernier souverain moghol, qui n’exerce plus aucun pouvoir réel depuis longtemps et qui n’a plus en guise d’empire que sa résidence délabrée du Fort Rouge de Delhi.