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/// Espaces, axes de circulation et grandes régions historiques ///

Axes de circulation

Le nord-ouest du monde indien est largement ouvert vers l’extérieur. La plus importante des voies historiques est celle qui mène du nord de l’Iran et des oasis de l’Asie centrale aux cols de l’Hindu Kush dans l’Afghanistan actuel, puis de la vallée de Kaboul à la vallée de l’Indus par la Khyber Pass. Cette route, parcourue aussi loin qu’on puisse remonter dans le temps par des groupes d’éleveurs nomades et des marchands à longue distance, a mis le monde indien en contact étroit avec les peuples du plateau iranien et de la steppe, qu’il s’agisse des Arya, des Perses, des Scythes, des Huns, des Turcs, des Mongols. Après un séjour plus ou moins long en Afghanistan, une partie de ces peuples venaient s’installer dans la vallée de l’Indus avant de progresser vers l’est ou vers le sud. A  la différence de l’Europe occidentale où ce processus s’est arrêté plus tôt, les flux de population se sont perpétués vers la péninsule indienne jusqu’au XVIIIe siècle.

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Une autre voie située plus au sud atteignait la basse vallée de l’Indus par le col de Bolan, près de l’actuelle cité pakistanaise de Quetta, depuis Kandahar, le sud de l’Iran, et au-delà la Mésopotamie. En Inde même, cet axe de communication se prolongeait depuis le Panjab jusque dans le Deccan.

La barrière himalayenne rend la circulation depuis le nord et le nord-est de l’Inde beaucoup plus difficile et plus lente mais nullement impossible. Les itinéraires qui rejoignent les oasis du Sinkiang et les hauts plateaux du Tibet depuis les vallées du Cachemire ont été empruntés depuis l’Antiquité par des caravanes chargées de sel, par des pèlerins chinois ou indiens, et les hautes vallées de l’Himalaya ont servi de refuge aux peuples chassés des plaines par de nouveaux arrivants.

C’est en revanche la circulation par voie maritime qui a assuré les échanges avec l’Asie du sud-est d’un côté, la péninsule arabique et les côtes orientales de l’Afrique de l’autre. L’indianisation partielle de la péninsule indochinoise et des archipels indonésiens est un phénomène majeur de l’histoire de l’Asie. Le Golfe du Bengale a été parcouru dès l’Antiquité par des navires indiens venus du Bengale, de la côte de l’Orissa, du pays tamoul et de Sri Lanka. Quant à la mer d’Oman et au golfe Arabo-Persique, ils ont été sillonnés en tous sens par des marins indiens originaires du Sind et du Gujarat Lorsque les Européens abordent les côtes indiennes au XVe siècle, l’Inde est pleinement intégrée aux courants d’échanges asiatiques où elle occupe une position centrale.

Grandes régions historiques

La région de la vallée de l’Indus et de ses affluents se caractérise par son aridité et par la présence de fleuves nés dans l’Himalaya, de sorte qu’elle est la première à avoir été développée; elle a été le cœur de la première civilisation urbaine, elle a été traversée par tous les peuples qui sont venus s’installer en Inde en provenance du nord-est, elle est la plus ouverte sur le Moyen-Orient et sur l’Asie centrale, et elle a été islamisée de façon générale. Elle forme l’essentiel de l’actuel Pakistan.

La haute et moyenne vallée du Gange et des ses affluents a été le centre de tous les grands empires, de Delhi à Patna, région capitale et région des capitales. Dénommée Aryavarta, le pays des Arya dans la tradition sanskrite, elle fut le foyer de diffusion de la culture brahmanique. Mais elle fut aussi le foyer du bouddhisme et du jaïnisme. Elle devint ensuite une région vitale pour les grands états musulmans avec Delhi, Agra et Lucknow pour capitales.

Le Bengale et ses marches, c’est l’Extrême-Orient de l’Inde, un milieu semi-aquatique voué à la culture du riz et à la pêche. C’est aussi un lieu de haute civilisation marqué successivement par tous les courants religieux et culturels du monde indien : le bouddhisme s’y est maintenu longtemps, les brahmanes y ont été très influents au Moyen-Age, l’islam s’y est implanté tardivement mais de façon durable dans sa partie orientale l’actuel Bangladesh, les Anglais y ont installé leur capitale Calcutta et y ont diffusé leur culture, leur langue et leur religion, la région est devenue le premier foyer du nationalisme puis du communisme.

Au sud de la vallée du Gange, le Deccan, une large bande de territoire peuplée d’Adivasi a longtemps constitué une limité à l’expansion des populations du nord. Sur ces terres s’est établi le contact entre les langues indo-aryennes introduites par les gens venus du nord et les langues dravidiennes qui se sont progressivement repliées vers le sud et l’est. Cette région de l’Inde est très largement ouverte sur la mer, et les marchands du Gujarat, puis de Bombay ont depuis longtemps développé leurs activités commerciales en direction des côtes de l’Arabie et de l’Afrique.

Le cône sud de la péninsule indienne est un lieu de particularismes sociaux, de spécificités linguistiques, d’affirmations identitaires et de dynamisme économique. C’est la région la plus maritime de l’Inde, celle qui a été marquée le plus tôt et le plus profondément par la présence de navigateurs et de marchands étrangers chrétiens et musulmans.