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Invasions musulmanes et mogholes (1000/1500)

Six siècles après la prédication de Mahomet, les princes musulmans établissent le sultanat de Delhi (1206) et vont gouverner l’Inde pendant cinq siècles jusqu’à la mort du dernier empereur moghol Aurangzeb (1707).

Un premier sultanat avait été établi dans le Sind au début du VIIIe siècle mais il ne joua d’aucune manière le rôle d’une tête de pont pour l’établissement en Inde du pouvoir des successeurs de Mahomet : le califat n’en avait pas le projet, ses forces étaient occupées à contrôler le Moyen Orient et le sud de la Méditerranée et les royaumes indiens du Deccan et de la vallée du Gange étaient suffisamment puissants pour l’en dissuader.

Au début du XIe siècle, des mercenaires turcs islamisés établis en Afghanistan et menés par Mahmoud de GhazniW entreprennent des raids sur l’Inde du Nord pour se procurer richesses et esclaves. Un demi-siècle plus tard, un nouveau groupe de mercenaires turcs, basés à Ghor, au centre de l’actuel Afghanistan, et menés par Mohammed de GhorW, s’emparent de la totalité de l’Inde du Nord et fonde le sultanat de DelhiW en 1206. Au même moment Gengis KhanW se lançait à la conquête de l’Asie. Le succès foudroyant des guerriers mongols, qui n’épargna que l’Inde, forme la toile de fond du sultanat de Delhi, qui succombera deux siècles plus tard, en 1398, au raid destructeur de TamerlanW, lointain successeur de Gengis Khan.

Carte du Sultanat de Delhi

Si le sultanat de Delhi subsista près de deux siècles, il faut en chercher les raisons ailleurs que dans son organisation politique interne. Le régime bénéficia de l’appui d’un nombre croissant de musulmans venus de tout le Moyen-Orient et de l’Asie centrale, d’où ils fuyaient les exactions des armées mongoles. Le sultanat de Delhi contint la poussée des Mongols selon un processus identique à celui que l’Inde avait connu pendant des siècles : les avant-derniers envahisseurs servant de rempart contre une nouvelle vague. Trois dynasties turques se succèderont : la dynastie IlbarîdeW (1211-1290), la dynastie KhaljiW (1290-1320) et celle des TughluqW (1320-1414). Musulmans de fraîche date, les turcs ne cherchèrent pas à convertir leurs sujets, se contentant de conserver le pouvoir dans le cercle de leur entourage immédiat.

Vers la fin du XIIIe siècle, les sultans de Delhi entreprirent de contrôler le Deccan; ils organisèrent un grande expédition militaire qui sillonna et ravagea l’ensemble de la péninsule, jusqu’à l’extrême sud du pays tamoul, entre 1309 et 1311. Les princes des états conquis furent réinstallés après avoir reconnu le pouvoir du vainqueur et s’être fait dépouiller de leurs richesses. Le sultan Mouhammed ibn TughlûqW, contemporain de Philippe le Bel, se fit construire une nouvelle capitale en 1327, Daulatabad (dans l’actuel Maharashtra) mais il échoua dans sa tentative d’y installer la population de Delhi. En revanche, cette opération eut pour conséquence d’installer dans l’Inde méridionale une aristocratie civile et militaire d’origine persane et turque.

Ses successeurs perdirent toute autorité après la prise et le saccage de Delhi par TamerlanW en 1398.

Après le départ de l’Inde de Tamerlan, deux dynasties issues de ses officiers, la dynastie des SayyidW (1414-1451) et la dynastie des LodiW (1451-1526) d’origine afghane sont à la tête du sultanat. Les Lodi transfèrent leur capitale dans la petite bourgade d’Agra, qui va devenir par la suite la plus grande ville de l’Inde du Nord jusqu’à la période britannique. Le dernier des Lodi demanda l’aide du gouverneur du Punjab pour réduire l’autonomie de la noblesse afghane en lutte contre l’autocratie du sultan. Ce gouverneur, inquiet des persécutions subies par les chefs de la noblesse, fit finalement appel au souverain de Kaboul, BâburW; ce qui provoqua le début de la domination moghole en Inde.

A partir de la seconde moitié du XIVe siècle, plusieurs gouverneurs de régions proclamèrent leur indépendance et fondèrent des sultanats régionaux. Deux Etats majeurs se constituèrent dans le Deccan et se disputèrent deux siècles durant les territoires du centre de la péninsule : l’un était le sultanat BahmaniW, l’autre un royaume dans la tradition brahmanique, le VijayanagarW (1336-1565), de sorte que leur confrontation apparaît à certains égards comme l’expression de l’opposition entre l’islam et l’hindouisme (le terme apparait à cette époque). Au XVe siècle, la capitale dépasse le demi million d’habitants et s’étend sur environ 30 km de diamètre. L’empire de Vijayanagar a été, face à l’islamisation de l’Inde du Nord, d’une importance capitale pour le maintien de la civilisation hindoue dans l’Inde du Sud, où il a permis une interpénétration fondamentale des cultures sanskrite et dravidienne.

L’effondrement de Vijayanagar ne fut en rien l’effet des conquêtes de Bâbur et ses successeurs, qui ne touchèrent que le Nord de l’Inde.

Les états Rajput

Les seigneurs rajputW descendent de tribus guerrières errantes venues d’Asie centrale au Ve siècle. Ils se sont assimilés à la caste des guerriers afin de s’intégrer à la hiérarchie hindoue. Les invasions islamiques les repoussent au sud du Gange, puis le sultan du Gujurat les oblige à se replier, à la fin du XVe siècle, sur les plateaux arides bordés à l’ouest par le désert de Thar. Ils constituent alors plusieurs états guerriers , dirigés par des râja, chefs militaires et juridiques, d’où le nom de Rajasthan donné à cette région. La splendeur des villes comme Ajmer, Udaipur, Jodhpur ou Bikaner témoigne de la prospérité de cette époque.