Paray-le-Monial  

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973 : Lambert, comte de Chalon fonde un monastère qui deviendra le sanctuaire de sa famille. Mayeul, 4e abbé de Cluny lui conseille le site d'Orval dans le sud du Charolais. Paray I est consacrée quatre ans plus tard en 977.

999 : Hughes, fils de Lambert et évêque d'Auxerre, fait don de Paray à l'ordre de Cluny.

11e siècle : Odilon de Mercoeur, abbé de Cluny, fait agrandir l'église (c'est Paray II)

12e siècle : Hughes de Semur, successeur d'Odilon de 1049 à 1109, décide la construction d'une nouvelle église ; c'est Paray III, l'église actuelle. La construction se fait classiquement, on démolit d'abord le chœur, puis la nef au fur et à mesure de l'avancement du chantier.

14e siècle : le clocher est détruit dans un incendie. Quelques années, la tour nord du narthex est détruite

19e siècle : Millet, élève de Viollet-le-Duc, restaure l'église. Celle-ci est élevée au rang de basilique mineure par le pape.

Quelques chiffres :
- l'église mesure 63 m de long et 56 m du sol à la flèche,
- la nef mesure 2 m de long, 9 m de large et 22 m de haut,
- le transept mesure 40 m de long sur 7 m de large,

PHOTOS : Extérieur - Intérieur

L'église comprend un porche d'entrée (narthex) avec un étage surmonté de deux tours, une nef à trois travées flanquée de deux bas-côtés, un transept saillant avec une chapelle à chaque croisillon, un chœur en hémicycle entouré d'un déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes (plan clasique des églises de pèlerinage).

Les clochers

Le porche de l'église (ou narthex) est surmonté d'un étage et de deux clochers de plan carré. Les deux tours dissemblables encadrent un pignon comportant une haute fenêtre en plein-cintre.

Le clocher de droite (sud) date du 11e siècle ; il comporte au 2e étage une baie simple en plein-cintre. Les deux étages supérieurs comprennent sur leur quatre faces une double baie dont les arcs retombent sur des colonnettes ornées de chapiteaux,

Le clocher de gauche (nord) date du 12e siècle ; il comporte au 2e étage une double baie à colonnes lisses ou torsadées. Les deux étages supérieurs sont également percés de doubles baies séparées par une colonne. Les chapiteaux sont surmontés de tailloirs sculptés. Aux quatre angles de la tour, des colonnes engagées sont posées sur la moulure de pierre.

Le narthex

Le narthex se compose de deux travées de trois nefs formant six compartiments voûtés d'arêtes. Le pilier sud est orné de magots accroupis et d'animaux affrontés. Le pilier nord est orné de décors végétaux.

Le portail occidental est en plein-cintre. Le tympan et le linteau sont nus. La voussure est formée d'un gros tore décoré de chevrons et d'un rang de perles. Sur la colonne de droite, on peut voir un entrelacs de vannerie; sur celle de gauche, des chevrons. Leurs chapiteaux sont ornés de pomme de pin ou feuilles d'acanthe. Au revers de ce portail, on peut voir une peinture du 14e siècle.

La chapelle haute

Une petite porte, à droite en entrant dans l'église, mène à la chapelle haute. Celle-ci possède trois nefs à deux travées. La nef centrale est voûtée en plein-cintre; les nefs latérales sont voûtées d'arêtes. Une fenêtre ouvre sur la nef centrale de l'église. La chapelle est éclairée par cinq fenêtres.

La nef et ses bas-côtés

La nef courte (22 mètres) comporte trois travées. Pour donner à la voûte sa hauteur de 22 m, le maître d'œuvre a osé utiliser pour la première fois de berceau brisé sur doubleau.

Les grands arcs ouvrant sur les bas-côtés sont du même type, tandis que les baies, les archivoltes et les arcatures du faux triforium sont en plein-cintre.

Le 2e étage correspond en effet aux combles des bas-côtés; le décor est un faux triforium comportant trois arcades aveugles par travée. Le 3e étage s'appuie sur une moulure assez saillante.

La principale source de lumière est fournie par les fenêtres hautes groupées par trois.

Les bas-côtés sont éclairés par trois grandes fenêtres. Les travées sont couvertes de voûtes d'arêtes séparées par des arcs doubleaux.

Le transept

Le transept est important (40 m de long). Il est éclairé par les fenêtres placées sous la voûte en berceau brisé. Aux deux extrémités, une grande fenêtre est ouverte sous le fronton. A la croisée, une coupole repose sur quatre trompes à 27 mètres. La chapelle du croisillon nord, voûtée en cul-de-four, est éclairée par trois fenêtres en plein-cintre. La chapelle du croisillon sud est gothique.

Le chœur et le déambulatoire

Le chœur profond de 15 mètres présente une travée droite et une abside semi-circulaire cernée par huit colonnes d'une grande finesse et entourée d'un déambulatoire.

Les chapiteaux sont décorés simplement de motifs végétaux. La corniche est surmontée de neuf fenêtres en plein-cintre. La peinture du cul-de-four, représentant un Christ Pantocrator, date du 15e siècle. L'autel roman est du 12e siècle.

Le déambulatoire comporte neuf voûtes d'arêtes séparées par des arcs doubleaux en cintre brisé. Les arcatures qui encadrent les trois chapelles rayonnantes sont ornées de motifs en damier. Chaque chapelle se compose d'une courte travée voûtée en berceau éclairée de chaque côté par une fenêtre, et d'un hémicycle en cul-de-four percé de trois grandes baies.

Le décor de l'église est plutôt réduit et d'une simplicité qui frise l'austérité. Les 365 chapiteaux sont ornés essentiellement de motifs végétaux et animaux.

Les portails nord et sud

Le portail nord du transept est tellement orné qu'on le compare souvent à l'entrée d'un palais oriental.

Le portail sud présente un linteau sculpté de huit médaillons représentant des animaux mythiques, dont deux gorgones tirant la langue.

Le chevet

Le chevet de Paray est " la plus sublime réussite de tout le génie roman ". L'étagement pyramidal, du sol au clocher, montre une harmonie parfaite entre les formes et les volumes :

- 1er degré : les absidioles romanes,
- 2e degré : les sept pans coupés du déambulatoire,
- 3e degré : les neuf baies de l'abside,
- 4e degré : la fenêtre plein-cintre et les deux oculis de la travée de l'avant-chœur,
- 5e degré : le clocher octogonal.